Typologie du festivalier insupportable

Qu’on ait 7 ou 77 ans, il est presque impossible de n’avoir jamais croisé la route d’un festivalier si pénible qu’il nous est venue l’idée de lui crever les yeux en plein concert. Puisque la saison des festivals bat son plein et qu’après les Vieilles Charrues, une partie de l’équipe Buggin sera dans quelques jours à La Route du Rock, il nous a semblé utile de dresser le portrait-type de quelques casse-burnes triés sur le volet. Attention, vous allez peut-être vous reconnaître.

le quinqua aigri

– Le quinqua aigri

Qu’on se le dise, le quinquagénaire coincé et pas drôle pour un sou pourrait bien être le pire de tous. Pas habitué à la foule et aux poussettes dans le dos, ce festivalier est généralement accompagné de son « billet journée » qui lui permettra de voir le seul artiste qui l’intéresse vraiment dans la prog. Arrivé bien à l’heure pour ne pas louper SON concert, le quinqua aigri ne supporte pas de se faire passer devant par des personnes qui sont forcément moins fans de l’artiste que lui. Et si, par malheur, il s’agit de jeunes gens alcoolisés et torse nu, le quinqua sort de ses gonds et dégaine le classique : « J’étais fan bien avant que tu sois né donc t’es mignon, tu me passes pas devant ». Pas de chance pour lui, il s’agit d’un festival et dans ce genre d’évènement le placement est libre. Toutefois, si vous avez l’humeur un peu taquine, ramenez votre pote d’1m93 et dites-lui bien de se positionner devant le quinqua. Rage et grommellements garantis.

Taux d’insupportabilité (peut varier en fonction de l’âge) : 94%
Phrase-type : « Ils m’emmerdent ces gamins, je vois rien ! »
Son festival : Les Vieilles Charrues

l'ado bourré

– L’ado bourré

L’ado bourré aime le 6/9 de Manu, Skrillex et la mauvaise vodka/orange. Et aussi les festivals car c’est l’occasion de se mettre minable avec les potes. On l’a tous fait, on lui pardonne. Sauf qu’en vieillissant, ce type de festivalier devient de plus en plus gênant. Placé au premier rang lors des concerts d’artistes en vogue (au hasard, Stromae), il n’est pas rare de le voir dégueuler le long d’un pylône quand vous arrivez tout juste sur le site. À 17h. Grandement responsable de l’odeur nauséabonde qui émane du sol après quatre jours de festival, l’ado bourré se déplace en meute et n’hésite pas à communiquer sa joie de vivre à chaque festivalier. Souvent bariolé et/ou déguisé, il se dessine des bites sur les épaules, chante des chansons paillardes et s’écrit le nom de son artiste fétiche au milieu du front. Sa plus grande force ? Se relever et continuer la fête après une gerbe. P.S. : Marche aussi au féminin.

Taux d’insupportabilité : 78%
Phrase-type : « ON VA VOIR STRO-MA-ÉÉÉÉÉÉÉÉÉ !!!!! »
Son festival : Bah un peu partout en fait

le slammeur fou

– Le slammeur fou

Son projet dans la vie ? Battre le record du monde du plus grand nombre de slams, comprenez se faire porter par la foule, devant un concert. Sa fierté absolue ? Se faire choper par les méchants gorilles derrière des grilles et faire le caïd devant les potes. Passionné de sensations fortes, le slammeur fou passe l’intégralité de ses concerts dans les airs, porté par les bras des autres festivaliers qui aimeraient parfois voir ce qui se passe sur scène et pas forcément au-dessus de leur tête. Héros des débuts de concerts endiablés, ce type d’énergumène devient vite relou quand il en arrive à son quinzième slam en vingt minutes. La plupart du temps bien éméché, le slammeur n’hésite pas à vous mettre ses Rangers immondes en pleine tronche si le public/porteur connait une petite baisse de régime. Et comme les festivals se déroulent l’été et qu’il fait généralement très chaud, le slammeur aime se dévêtir, vous contraignant au contact plutôt répugnant entre votre main et son corps transpirant. Lui donner des petits coups bien vicieux est souvent la solution.

Taux d’insupportabilité : 60%
Phrase-type : « Hey mec, tu peux me porter s’te plaît ? J’vais faire un slam »
Son festival : Dour

lesansgenequipousse

– Le sans-gêne qui pousse tout le monde

Là encore, on l’a tous fait. Mais là encore, quand on en subit les conséquences, ce festivalier peut vite faire péter les plombs. On parle bien entendu de celui qui arrive derrière vous aux deux tiers du concert en hurlant : « Pardon, pardon, ma femme est en train d’accoucher au premier rang ». Malin, le sans-gêne arrive presque toujours à ses fins et se retrouve au pied de la scène en deux temps, trois coups de coude. Quand il s’agit d’un live de Major Lazer et que la population est plutôt du genre jeune et excitée, ce type de festivalier parvient à se fondre de la masse sans encombre. Si, en revanche, ce gros lourd se pointe alors que vous êtes au bord des larmes devant Portishead, votre patience fond comme neige au soleil. Cousin éloigné de l’ado bourré, le sans-gêne aime le collectif et fait généralement passer huit potes avec lui, vous sortant complètement de votre concert. Comme précédemment, des petits coups de latte au niveau des côtes sont préconisés pour calmer votre haine.

Taux d’insupportabilité : 3% devant NTM / 99% devant feu Lou Reed
Phrase-type : « Pardon, je vais gerber ! »
Son festival : Les Eurockéennes de Belfort

le sanguin

– Le sanguin

Lui, on ne sait pas pourquoi il est là, mais il est là quand même. Impulsif, susceptible, bagarreur, le sanguin est aussi explosif que de la nitroglycérine et ne supporte aucun contact avec l’autochtone. Un effleurement d’épaule, une goutte de bière sur le bras et c’est l’insulte qui part. Prostré au centre de la foule, jamais trop éloigné de la scène mais jamais trop près non plus (faut pas être maso), le sanguin se tient toujours derrière sa poule et reste à l’affût du moindre regard qui se poserait sur elle. Souvent costaud et les cheveux ras, ce festivalier ne sourit pas et ne danse jamais. N’ayant jamais compris la notion de festival, son rêve ultime est de voir tous les gens autour de lui morts et dépecés. Néanmoins, entre deux menaces et quelques coups de pression, le sanguin est satisfait de sa journée. D’ailleurs, c’est souvent pour ça qu’on le revoit d’année en année. Sa chanson préférée ? « Baise Les Gens » du Klub des Loosers.

Taux d’insupportabilité : 87%
Phrase-type : « Hey mais tu fais quoi là ? »
Son festival : Les Francofolies de la Rochelle

bonus festivalier

Bonus :

Le pogoteur trop gros : Il ne s’arrête jamais. La violence est son faire-valoir, le métal sa religion et il se trouve beau avec des bracelets cloutés sur les avant-bras. Dans la vie, il a peur des souris et ne s’énerve jamais.
Sa phrase-type : « Whhahahahhahhhhhaooooaaooh ! »
Son festival : Le Hellfest

Le bourré qui danse devant toi : Il ne contrôle plus grand chose mais kiffe la vibe, toujours une pinte à la main… qu’il vide régulièrement sur ton chino tout neuf. Coriace comme la peste mais doté d’une mémoire de poisson rouge.
Sa phrase-type : « Bah alors, tu danses pas, mec ? »
Son festival : Dour

La pucelle devant la rock-star : Opportuniste, elle passe la moitié du festival sur les épaules des gens et hurle dès qu’elle se voit sur les écrans géants. Coutumière des évanouissements, elle est cuité après un mojito et trouve Julien Doré trop beau.
Sa phrase-type : « Où t’es, PAPAOUTAI ? »
Son festival : Les Vieilles Charrues

Crédits photos : DR

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