Playlist Réveil #5

Le vendredi, c’est week-end. Et qui dit week-end, dit grasse mat’. Généreux comme nous sommes, nous avons pensé à votre réveil du samedi matin et à ce moment de bonheur où vous sortez du lit l’esprit embrumé par le trop plein d’alcool de la veille. À cet instant précis, il n’y a pas 36 choses à faire. 1) Faites-vous couler un bon café. 2) Beurrez vos tartines. 3) Installez-vous dans votre sofa. Et 4), branchez cette playlist réveil sur vos enceintes et laissez-vous porter.

Pour cette cinquième PR, nous vous plongeons dans la saudade du Brésilien José Mauro et de la regrettée Cesária Évora, vous faisons traverser les décennies 70/80 en compagnie de la soul feutrée d’O.V. Wright, sans oublier la techno délétère et contrariée du génie de Scissor & Thread, Francis Harris. Bon réveil, les champions !

Playlist Réveil #5

Dirty Beaches – « Love Is The Devil » (2013) : Derrière Dirty Beaches se cache Alex Zhang Hungtai. Oui, oui, un Chinois ! Et derrière « Love Is The Devil » se cache une petite merveille lo-fi qui vous sortira des bras de Morphée le plus délicatement du monde.

José Mauro – « Obnoxious » (1970) : Voici, pour faire court, ce qu’on aurait dû entendre tout l’été au lieu des atrocités de Pitbull et consorts. Le Brésil, le vrai, c’est celui-ci.

Cesária Évora – « Petit Pays » (1995) : On aime la version d’Hocus Pocus datant de 2007, mais rien ne fait le poids face à l’immensité de la Diva aux pieds nus. Ave, Cesária !

Nightmares On Wax – « Argha Noah » (1999) : Si vous portez une barbe et des marcels à palmiers, vous avez surement entendu parler des Boiler Room, ces dj-set retransmis en direct live sur ce que l’on nomme les Internets. Avec un peu de chance, vous êtes tombés sur celle de l’Anglais Nightmares On Wax, véritable bombe qui mériterait à elle-seule une playlist réveil. « Argha Noah », tiré de l’album Carboot Soul, vous donne le ton, et fait monter la pression.

O.V. Wright – « Let’s Straighten It Out » (1978) : Chez Buggin, on a une petite tendance à aimer tout ce qui est sensuel, langoureux, et teinté de mélanine. En d’autres termes, on aime la soul. Ce morceau de feu O.V. Wright, soulmen né à la fin des années 30 dans le Tennessee, est typiquement le genre de sucrerie qu’il faut à la sortie du lit. Un titre coutumier des playlists de Nightmares On Wax, d’ailleurs.

Danger Mouse & Daniele Luppi – « Theme Of Rome » (2011) : Un album qui a marqué à coup sûr l’année 2011 et qui résonne trois ans plus tard comme une œuvre clef dont on ne se lasse pas. Effectivement, tous les chemins mènent à Rome.

Francis Harris – « Minutes Of Sleep » (2014) : Un titre tout trouvé pour un réveil en douceur. La deep-house de Francis Harris agit comme une goutte de miel dans une tasse de lait chaud et se consomme sans modération. Saveur. Douceur.

Sufjan Stevens – « Redford (For Yia-Yia & Pappou) » (2003) : À la base, on pensait à la version des Roots, publiée en décembre 2011 sur le très beau Undun qui retraçait l’histoire chaotique de Redford Stevens, personnage inventé de toutes pièces par la bande à ?uestlove. Et puis on a repensé à l’originale de Sufjan Stevens – qui a d’ailleurs inspiré l’album – et on s’est dit qu’il fallait rendre à César ce qui appartient à César.

Max Richter – « The Twins (Prague) » (2002) : Un homme qui a réalisé la musique de Valse avec Bachir et Shutter Island ne peut pas être foncièrement mauvais, pas vrai ?

Benjamin Clementine – « Condolence » (2014) : Dernière pépite en date du Londonien de 25 ans, « Condolence » est issue de l’ep Glorious You sorti le 25 août dernier. Si le morceau vaut avant-tout pour sa mélodie poignante et la voix magistrale de son auteur, on ne saurait que trop vous conseiller de visionner le clip sublime qui l’accompagne. En attendant l’album, comme disait Sinik.

Sélection musicale : Pierre Henry
Textes : Morgan Henry

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