Playlist congélation d’ovocytes

Si le congélateur a longtemps été un terrain d’accueil particulièrement fertile pour bébés et autres pintades, le sacro-saint de nos cuisines devrait désormais accueillir un stade antérieur d’évolution humaine : l’ovocyte. Dans leur bonté sans limite, et parce-que oui, derrière toute machination marketing, il y a un petit cœur qui bat, les géants du digital Facebook et Google ont proposé cette semaine à leurs employées de prendre en charge les éventuels frais de congélation de leurs ovocytes. L’objectif ? Leur permettre de pondre au moment opportun, et ainsi éviter d’interrompre leurs carrières professionnelles. Mignon. 

Fiers et courageux comme un spermatozoïde tentant désespérément de se frayer un chemin vers l’ovule sacré, on vous a concocté une playlist spéciale congélo où la séduction laisse place à la copulation, la congélation, et les problèmes qui en découlent. Notre manière à nous de tourner en dérision une mesure sacrément flippante.

Ovocyte

Brother Ali – Prince Charming : Derrière sa longue barbe blanche et son teint hâlé, Brother Ali est un vrai lover. Ce « Prince Charming » aux accents d’ode à la séduction s’écoute donc préalablement à la fécondation et la congélation. La bande-son idéale avant le point de non-retour, somme toute. Un peu d’élégance dans ce monde de barges.

R.Kelly – Sex In The Kitchen : de la cuisine au congélateur, il n’y qu’un pas. De l’acte sexuel à la congélation des ovocytes, pas mal de coups de reins et une bonne dose d’expérimentations biologiques un rien dangereuses. Toujours est-il que ce slow jam du bon Kellz vous permettra d’être au plus près de vos futurs enfants congelés, en copulant dans la cuisine. Pratique.

Tangerine Drean – The Big Sleep in Search Of Hades : Avec un thème pareil, on aurait pu penser à mettre un titre de cold-wave mais ce morceau des teutons de Tangerine Dream plante admirablement ce décors nébuleux sous les accords des synthétiseurs Moog du duo Baumann/Franke.

Goblin – Profondo Rosso : Quoi de plus pertinent que ce très gros classique de Goblin pour faire monter la tension à grands renforts de claviers crescendo signés Claudio Simonetti. Angoissant.

Robert Johnson – 32-20 Blues : Si l’histoire de Robert Johnson demeure toujours entourée de mystère, on sait en revanche que l’un des plus célèbres bluesmen de l’histoire était un homme aussi pétri de talent que misogyne. En témoigne ce 32-20 blues où il menace de tirer sur sa femme si celle-ci ne vient pas se coucher illico presto. Robert ramène la femelle à son statut originel : dans la cuisine et derrière un balais, tordant le cou à l’utopie de l’égalité des sexes. La belle époque.

Mondkopt – Eternal Dust : « Tu es poussière et tu redeviendras poussière » [Genèse II, v.19].

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