La grosse critique : Première Année, de Thomas Lilti

première année L’histoire en 2 phrases : Volontaire et déterminé à devenir docteur, Antoine s’apprête à tripler sa première année de médecine tandis que Benjamin, fraîchement bachelier, fait son entrée sur les bancs de la fac. Aux antipodes l’un de l’autre, ils vont rapidement se lier d’amitié et décider de préparer à deux le concours de PACES.

Notre avis en trois phrases : Difficile de tomber plus bas que Médecin de Campagne, non ? Deux ans après cet horrible téléfilm – et quatre après Hippocrate – Lilti retrouve Vincent Lacoste dans un student-movie plutôt convaincant. Ancré dans l’actualité, Première Année nous plonge avec humour et une certaine forme de tendresse dans l’enfer de la première année de médecine.

La scène clé : S’il est inutile de chercher de grandes qualités esthétiques au film, on ne peut pas lui enlever une certaine tension qui s’accroit notamment lors de la scène de l’annonce des résultats. Habitué des amphis pour avoir été lui-même étudiant en médecine, le réalisateur retranscrit très bien ces minutes infernales qui précèdent le verdict, où des centaines d’étudiants se ruent devant les vitres de l’université. Ca n’a jamais servis à rien, mais ça rappellera des souvenirs à certains.

À qui s’adresse le film ? S’il est évident que les premiers concernés restent les profs et les étudiants en médecine, Première Année est susceptible de ratisser très large. Parce que Vincent Lacoste, déjà, devenu depuis 4/5 ans la coqueluche de l’axe Téléramo-Inrockuptibles. Parce que film d’actualité, ensuite. En plein débat sur la fin du Numerus Clausus en France et le manque de médecins dans les hôpitaux, nul doute que ce film conduira également parents et grands-parents dans les salles.

première année lacoste lebghilQue nous apprend-t-il sur les études de médecine ? À moins que vous ne sortiez d’HEC ou d’une autre structure de haut rang, cette première année de médecine relève véritablement du chemin de croix. Fiches Bristol dans la douche, au mur, au plafond, journées révisions de 12 heures, impossibilité d’avoir une vie sentimentale, on parle ici d’un véritable enfer. Et le pire c’est qu’en tant que médecin généraliste, donc ancien étudiant, Thomas Lilti ne semble pas avoir grossi le trait. Une phrase résume d’ailleurs très bien cette étape : “Tu connais la différence entre un étudiant en médecine et un étudiant en prépa ? Demande-leur d’apprendre le bottin par cœur. L’étudiant en prépa te demandera ‘pourquoi ?’, l’étudiant en médecine ‘pour quand ?’”. Un enfer, on vous dit.

Vincent Lacoste + William Lebghil = comédie ? Pas du tout ! N’espérez pas vous cramper les abdos en allant voir Première Année. Comme dans Hippocrate, Lilti va davantage chercher le côté dramatique de Lacoste plutôt que son humour de jeune benêt. Quant à Lebghil, dont le personnage est nettement plus léger que celui de Vincent Lacoste, on le découvre lui aussi autrement qu’en ado lourdingue aux côtés de Kev Adams.

Faut-il sacrifier un Multi Ligue 1 pour Première Année ? Inutile de se déplacer en salles pour espérer en prendre plein les mirettes et voir de réelles propositions de cinéma. Comme beaucoup de films français, Première Année n’a pas vocation à éblouir par sa mise en scène mais à raconter le quotidien par le prisme du grand écran. Instructif et plutôt bien interprété, le quatrième long du réalisateur/docteur s’en tire avec les honneurs. Allez-y !

Première Année, de Thomas Lilti. 1h32. Avec Vincent Lacoste, William Lebghil, Michel Lerousseau, Darina Al Joundi. Actuellement en salles.

première année affiche

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