Béton brut Vs. chaine de vélo pour Unpolished 2018

Les Pays-Bas et leurs fêtes interminables dans de grosses Warehouses. La patrie ou le gabber et le hardcore ont une place importante dans la gamme des musiques électroniques. Contrastant avec le coté touristique de Amsterdam, les évènements organisés par la structure Reaktor voient affluer des hordes d’étrangers mais pas pour les mêmes raisons. Ceux-là viennent pour en découdre avec une sono gonflée à bloc et taper du pied. On a tenté l’expérience de Unpolished et sa programmation TECHNO XXL. Durant deux nuits, nous fûmes entêtés dans une succession de rythmes plus effrénés les uns que les autres. Grand plongeon au cœur de la techno de brute.

Béton brut Vs. chaine de vélo pour Unpolished 2018Pour être de la partie, il fallait être réactif… ou s’armer de patience et de temps à passer sur Facebook. En effet, les préventes se sont écoulées en quelques minutes seulement courant décembre. Revendues à prix d’or les jours qui suivaient la grande ouverture, celles-ci se voyaient parfois bradées de la moitié de leur valeur initiale la veille de la première nuit. Heureusement, notre grand gaillard Stéphane S. (nous l’appellerons ainsi) était à l’affût pour nous obtenir quatre précieux sésames.

Vers 1h du matin nous avons déposés nos vélos pour entrer dans l’emblématique warehouse des soirées Reaktor. À notre grande surprise, personne dans la file pour le scan des tickets. En revanche, l’attente pour les lockers fut interminable. À tel point que nous avons manqué la quasi-totalité du set de Truss. Lui qui jouait deux heures orientées electro, c’est dommage. L’electro est ce style qui revient en force, puisé aux pionniers de l’électronique. En parlant de figure respectable, I-F aka Beverly Hills 808303 s’amusait à exploser la room 2, attenante à la room 1 et aussi plus intimiste. C’est d’ailleurs dans cette seconde salle qu’aura lieu le samedi une avalanche de gin tonic… Revenons à nos moutons, ou plutôt à Thomas P. Heckmann. Habitué de ces gros classiques, il nous déçoit avec un set légèrement plat et redondant. Ne soyons pas trop exigeant tout de même. L’afflux de personnes nous a fait quitter le navire prématurément. Un peu de calme avant la tempête. Car l’orgie de drums qui nous attendaient dans la room 1 était sans précédent. AnD & Samuel Kerridge pour la première fois en live. Connaissant le style rave et trash de la triplette, nous étions préparés au mal. Alors que Dax J en termine sur deux tracks drum’n bass, les premiers échos se font ressentir. Les énormes caissons de basses sont prêts à cracher du feu tandis que les lasers se chauffent à détruire le parterre de danseurs bien agités. Le volume sonore dépasse les espérances. Le kick se fait de plus en plus “raw”. Ponctués d’acid, que l’on pourrait qualifier de sulfurique, c’est une véritable boucherie à laquelle on assiste, en direct de l’atelier découpe. Notre périple de la nuit s’achève devant I Hate Models mais nous nous éclipsons rapidement afin d’être en forme le lendemain. Pendant ces dernières heures, Domenico Crisci fera monter la tension puis Manni Dee & Ewa Justka termineront sur des notes speedcore. Du sale !

Grâce à David, nous avons eu droit à une bonne matinée de sommeil. Dédicace aux Girondins de Bordeaux. S’ensuivit une journée fraiche mais très agréable. Une préparation nocturne aux petits oignons et de bons burgers chez Jej La Trox, autrement connu sous le pseudo La Moulinette. Cette fois nous avons décidés de nous rendre plus tôt à cette Night 2 de Unpolished. Le line-up nous est plus familier, nous sommes psychologiquement plus préparés. Prêts à se faire taper dessus. On commence avec Parrish Smith qui sait mettre en humeur son public en y allant de manière forte. Cependant, pas de bol pour Helena Hauff qui devait se faire la malle avec Umwelt. Les conditions météo ne lui ont pas permis de se rendre à Amsterdam, son compère se charge de mettre la poudre au canon. Le Lyonnais est de plus en plus fréquemment appelé lorsque l’ambiance est sombre et moite. Actif depuis plus de 20 ans, il ne cesse d’exploser aux yeux du grand public depuis seulement quelques années. Autant dire que la démocratisation de la mouvance techno a joué en sa faveur. Après une petite demi-heure de techno breakée, nous filons voir CJ Bolland dans l’autre salle. Atmosphère très rave et galopante pour le producteur de “Horsepower”. Une grosse sélection avec d’anciennes sorties R&S records, introuvables de nos jours. Retour devant Umwelt où rien n’a changé à un gros détail près : les basses saturent, les nappes sont plus violentes. Aucun doute, le son a augmenté. De bonne augure avant d’accueillir The Mover.

Marc Arcapidane aime la Trappiste, qu’elle soit belge ou non, et il le fait savoir. Quelle intro !! Et pendant que ça déroule, Manu le Malin se déhanche non loin de là. Une scène déjà vue à Astropolis l’été dernier. Entre techno et electro, le live de The Mover est un des moments forts de cette édition. La classe totale. Une troisième scène a émergé pour cette deuxième nuit. Très petite, elle est idéale pour chiller. Ou pas puisque l’on commence à y jouer hardcore. Comme un petit air de teufs dans les champs. La nuit bat son plein, Miss Djax fait le show, et nos oreilles ne demandent qu’à s’ouvrir à l’approche du set de Ryan James Ford. Un spécial breakcore des familles. À 7h du matin, on trouve énormément plus d’espace dans la room 2. Le confort pour écouter et danser sur une performance intense. C’est avec le même adjectif que je vais qualifier le set hardcore de Shawn O’Sullivan. La fatigue se fait ressentir, et les kilomètres de piétinement ne me feront pas mentir. Mais quand tu sais que notre Manu national, qui s’agitait comme une puce devant The Mover, joue à partir de 8h, la détermination et la motivation repartent de plus belle. Dans son style si caractéristique, pas trop rapide mais bien saturé, il mystifie tout le monde par la violence accouplée de la précision de ses enchaînements. La fin devait être prévue à 9h, la fête se poursuit jusqu’à 10h. Et maintenant tout un hall de dégénérés sait qui de quoi Manu le Malin est capable. Pour ce qui est de notre sort, nous retournons récupérer nos bagages et entamons notre dur retour à la réalité.

Par Thibaut Bazylak

Prog unpolished 2018

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